Tendokan Aïkido, l'école de la sincérité

Publié le par Tamaki

Shimizu senseï à Paris
Shimizu senseï qui a été présenté dans notre numéro précédent a donné un stage exceptionnel à Paris le 16 mars. Venu avec son fils Kenta c'était la première fois qu'il dirigeait un stage public en France et une occasion unique de pouvoir profiter de son enseignement sans avoir à se déplacer en Allemagne, Belgique, Pays-Bas ou pays de l'est où il se rend annuellement.




Durant quatre heures la pratique intense des techniques souples et dynamiques de Shimizu senseï alterna avec ses explications précises sur le sens du travail, le tout éclairé par le récit d'épisodes de la vie de Ueshiba Moriheï, fondateur de l'Aïkido.

Sans rentrer dans un enseignement détaillé techniquement qui n'aurait eu de sens que pour des élèves le suivant régulièrement, pour cette première Shimizu senseï insista sur des notions fondamentales de la pratique. Démontrant un grand nombre de techniques il expliqua par exemple qu'il était nécessaire d'acquérir précisément les formes de base pour pouvoir réaliser leurs variations.




L'école de la sincérité
Il évoqua aussi le rôle du uke qui ne doit ni résister bêtement, sans quoi il s'expose à une application ou une variation très dangereuse de la technique, ni anticiper et faire le mouvement seul, sans quoi il ne reste qu'une chorégraphie vide de sens.
Shimizu senseï qui fut l'uke principal d'Osenseï les six dernières années de sa vie évoqua notamment la difficulté qu'il avait à suivre maître Ueshiba qui multipliait les variations et pratiquait de plus en plus vite et puissamment. Il raconte qu'épuisé par l'entraînement, le manque de sommeil et de nourriture il lui arrivait régulièrement de se cacher au milieu d'élèves afin qu'Osenseï ne le trouve pas. A l'époque et comme on le voit sur de nombreuses vidéos, maître Ueshiba désignait son uke par un imperceptible geste de la main ou un simple regard.
Tactique vite déjoué par le maître qui prit l'habitude de l'appeler par son nom! On mesure là le plaisir qu'il avait à pratiquer avec Shimizu senseï.




Ce stage fut une parfaite introduction pour tous ceux qui désiraient découvrir le travail du dernier uchi-deshi d'Osenseï, et son enseignement un encouragement à la sincérité dans la pratique.

Des pratiquants un peu particuliers
En raison de l'espace ce premier stage était malheureusement limité en nombre de places et seuls quatre-vingt pratiquants purent y participer. Cela n'empêcha pas de nombreux enseignants de s'y rendre parmi lesquels Jean-Gabriel et Jacqueline Greslé qui avaient rencontré Shimizu senseï lorsqu'ils suivirent directement l'enseignement du fondateur de l'Aïkido à la fin des années soixante. En s'adressant à lui avec émotion ils lui dirent qu'ils n'avaient jamais eu autant l'impression de retrouver l'enseignement d'Osenseï, tant au niveau technique que philosophique. Madame Greslé laissera même échapper quelques larmes lors du dîner en exprimant sa gratitude à maître Shimizu pour sa fidélité au fondateur…




Ce premier stage fut un succès et Shimizu senseï a d'ores et déjà donné son accord à son organisateur, son élève Pascal Olivier, pour le renouveler l'an prochain.


Publié dans Aïkido

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